Livres comme l air

SIGNEZ POUR SA LIBÉRATION

NedimTurfent et David Boudreault

Réclamez la libération du poète/ journaliste Nedim Türfent

PÉTITION

Son Excellence M. Kerim URAS, ambassadeur de la République de Turquie au Canada,

Nous soussigné(e)s, vous écrivons dans le cadre du projet Livres comme l’air.

En 2017, le poète/journaliste turc d'origine Kurde Nedim Türfent est condamné à plus de huit ans de prison pour « propagande terroriste » après avoir couvert des affrontements entre l’armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan. Aujourd’hui, Il est détenu dans des conditions difficiles et privé de télévision, radio, livres et journaux.

Nous demandons, Monsieur l’Ambassadeur, la libération immédiate et sans conditions de Nedim Türfent en vertu des obligations de la Turquie vis-à-vis plusieurs traités internationaux, dont la Convention européenne des droits de l’homme.


** En cochant cette case vous bénéficierez du bilan de votre action et d’un condensé d’information sur les droits humains par Amnistie internationale. Nous veillons à préserver la vie privée de nos sympathisant.e.s en ne transmettant que l’essentiel. À tout moment il vous sera possible de vous désinscrire à cette liste de diffusion.

NEDIM TÜRFENT – TURQUIE

En 2017, le poète/journaliste turc d'origine Kurde est condamné à plus de huit ans de prison pour « terrorisme » après avoir couvert des affrontements entre l’armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan. Aujourd’hui, Il est détenu dans des conditions difficiles et privé de télévision, radio, livres et journaux.

DAVID GOUDREAULT

Le poète David Goudreault, slameur, romancier, animateur et chroniqueur, est aussi travailleur social, diplômé de l’Université de Sherbrooke. Premier Québécois à remporter à Paris la Coupe du monde de poésie, il a publié des recueils de poèmes, des romans et produit des disques. Il a remporté plusieurs distinctions, dont le Prix des nouvelles voix de la Littérature, ainsi que la Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale du Québec. En 2018, il a été le directeur artistique de la Grande nuit de la poésie de St-Venant-de-Paquette. Il anime des ateliers de création dans des centres de détention et des écoles, autant au Québec, en France, en Belgique qu’en Tunisie.

DÉDICACE

Nedim Türfent, mon frère terroriste, tes épaules sont frêles, mais ta main est vaste et ton dos est large. Il en faut de la charpente solide, de l’homme fort, pour supporter le poids de la connerie humaine, de l’injustice institutionnalisée, du déni de dignité. 

Déjà trois ans derrière les barreaux, plus encore à venir. Je voudrais t’offrir la liberté, du courage, et l’espoir que le règne des despotes qui ont torturés tes proches pour les faire témoigner contre toi tire à sa fin. Je n’ai que quelques mots, de la solidarité, presque rien. 

Chez toi, plus de 170 journalistes et écrivains sont actuellement en prison, faisant de la Turquie le pays où le plus grand nombre de journalistes et d’écrivains sont emprisonnés. Pas de quoi être fier. 

Ils te disent terroriste. Soit. Tu dois les terroriser avec ta plume honnête, ton journalisme de terrain, ta couverture des exactions du régime en place. Peut-être même que ce sont tes poèmes qui les effraient, les mêmes qui m’inspirent. Éborgnés derrière un bandeau opaque, ils doivent penser que c’est toi l'adepte du totalitarisme, quand tu oses écrire :

« Permettez à votre coeur de s’emplir de bonté 
donnant aux papillons un jour de plus de vie 
comme une bouée 
comme un ventre 
que votre coeur soit cristallin 
aussi limpide que l’eau 
qu’il donne vie aux sans-vie. »

Moi, si j’étais un militaire à galons, gavé de censure, de propagande et de nationalisme à la sauce xénophobe, ils me feraient peur tes poèmes. Mais je suis juste un écrivain, comme toi. Un écrivain qui a eu la chance de naître dans un pays où tiennent encore debout certaines libertés. Tout cela est bien fragile, j’en conviens, mais j’ai encore le droit de dire que nous sommes dirigés par des connards hypocrites et dangereux. C’est déjà beaucoup. 

Heureusement, tu fais ton travail; de journaliste d’abord, en couvrant malgré les menaces de mort et les nombreux dangers ces affrontements entre l’armée turque et le Parti des travailleurs du Kurdistan; celui d’écrivain aussi, en ne reniant jamais tes propres mots, tes propres écrits; et finalement celui de poète, en nous rappelant que l’espace de création est encore là quand on nous prive de tout, que l’on nous emprisonne et nous isole. Je te cite: « J'essaie d’utiliser mon temps en prison et de rendre cette période aussi colorée et vivante que possible. Pour ce faire, je mets quelques mots ensemble. »

Je les lirai tes écrits, les anciens et tous ceux à venir. Ils ne te briseront pas, Nedim, et tes mots survivront à leur bêtise. 

David Goudreault

 

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